Test : Wolfenstein : Youngblood sur Nintendo Switch

WOLFENSTEIN : YOUNGBLOOD

Genre : ACTION, FPS
Langues : Anglais, Français, Espagnol, Russe, Chinois, Coréen
Développé par Machine Games et Arkane Studios Lyon
Édité par Bethesda Softworks
Sortie France : 26/07/2019
Prix : 29,99€ sur l’eShop, 39,99 € pour l’édition Deluxe/ 34,99€ version boîte (Version Deluxe, uniquement en code de téléchargement)
Taille : 22,7 Go
Joueurs : 1-2 Joueurs
Age minimum : 18 Ans

Site Web Officiel

Dans les années 80 sortait Castle Wolfenstein sur Apple II. Un jeu d’infiltration de Muse en vue du dessus, dans lequel vous incarniez un Allié devant s’échapper d’un château nazi, uniquement armé de son courage et d’un flingue. Trois ans plus tard sortait une suite, Beyond Castle Wolfenstein, où vous deviez infiltrer le bunker d’Adolf Hitler afin de lui faire mordre la poussière. C’est en 1992 que sort Wolfenstein 3D, une refonte développée par idSoftware. Désormais en vue subjective, le jeu propose tout simplement d’incarner B.J. Blazkowicz, parti casser du nazi à foison, et de fouiller les moindres recoins secrets du château, le tout dans une explosion de sang et de poudre.

Depuis ce premier reboot, la licence a gardé ce mélange savant de violence gore, de gros guns, et de secrets à débusquer partout. Désormais passée dans les mains de Bethesda depuis 2014, la saga a encore une fois repris l’histoire à zéro. Développée par MachineGames, la série se passe dorénavant après la Seconde Guerre Mondiale; dans cet univers uchronique, les nazis ont gagné. Vous suivez à nouveau les aventures de « Blazko le Barjo », allié à un groupe de résistance visant à renverser l’ordre. À noter que Wolfenstein II: New Colossus est sorti sur Nintendo Switch, où il a rencontré un bon petit succès (lire notre test ici).

C’est à l’E3 2018 qu’est annoncé pour la première fois Wolfenstein Youngblood; un spin-off de la franchise se passant dans les années 80, co-développé par MachineGames et Arkane Lyon. Dans cet opus à part, vous incarnez les jumelles Blazkowicz, Jess et Soph. Leur père, en mission à Paris, a disparu subitement. Plus aucune nouvelle, ni pour la Résistance, ni pour sa famille. Ses filles décident alors sur une impulsion de partir pour Paris afin de rejoindre la Résistance Française, et retrouver Joseph. Malgré l’inexpérience totale, les « Jumelles Meurtrières » comme les nommeront les Aryens, sont nées pour tuer des nazis alors jetez-vous dans la bataille, c’est l’heure du sang !

Vous commencez le jeu avec le choix de votre personnage. Soph ou Jess. Aucune différence si ce n’est que l’une débute avec un fusil de précision et l’autre un à pompe. Notez qu’à part esthétiquement, ce choix n’a aucune importance puisque dans le jeu vous partagerez le même arbre de compétences et pourrez manipuler chaque arme de façon identique. L’autre sœur sera alors incarnée par l’ordinateur ou par un autre joueur en ligne (pas de co-op locale. On peut déplorer ce choix mais il est cependant nécessaire pour garder une bonne lisibilité vu la nervosité du soft).

Que l’on soit clair, le jeu prend tout son sens en coopération. La faute à une IA assez faible qui fera que votre sœur se trouvera très souvent dans la ligne de mire de vos ennemis. Vous pouvez la réanimer en vous tenant près d’elle mais pour peu que les ennemis soient trop nombreux, vous vous trouverez vite sous un feu nourri vous mettant au sol à votre tour. Aucun autre choix si ce n’est que de sacrifier une vie pour vous relever. Au nombre de trois maximum, ces dernières correspondent à des « continues ». Tombez à court de vie, ou laissez mourir votre sœur et vous reprendrez au début de la mission, même si vous êtes tombé contre les derniers ennemis à abattre. De la rage en perspective.

Pensé entièrement comme un jeu de coopération, Youngblood n’offre pourtant pas beaucoup de mécanismes nécessitant deux personnes. Une porte, quelques coffres, mais ça s’arrête là. En revanche, le level design est suffisamment bien pensé pour offrir différentes approches d’une même situation. Votre partenaire peut donc contourner l’ennemi pour jouer sur l’effet de surprise tandis que vous foncez dans le tas en jouant les appâts. Mais on ne va pas se leurrer, jouer en silencieux devient vite assez fatiguant. D’autant que ça n’apporte pas de plus value comparé à une approche « Jean-Claude Van Damme ».

Tout au long de votre progression, vous pourrez débloquer des perks. Plus de vie, plus d’armure, une meilleure gestion de l’invisibilité ou des plaquages plus efficaces, tout y passe. Vous pourrez également débloquer des « signes », conférant un bonus temporaire aux deux sœurs si celles-ci se trouvent à proximité l’une de l’autre. Vos armes peuvent également être upgradées. À la façon d’un Borderlands, les améliorations correspondent à trois marques, mettant l’accent sur la précision, les dégâts ou la cadence de tir. Trois améliorations d’une même marque sur une arme entraînent un bonus conséquent. Chacune correspond à un type de munition, plus ou moins efficace suivant l’ennemi qui vous fait face, parfois en plein combat, vous devrez switcher entre deux armes afin de vous adapter à une grosse armure sortie de nulle part. Tout se fait avec fluidité, et la visée au gyroscope est plus qu’appréciable, d’autant plus qu’elle est réglable afin de s’adapter aux joueurs.

Sorti en même temps que les autres plate-formes, Wolfenstein Youngblood a dû faire des concessions quant aux graphismes. Les textures sont floues et le passage des cinématiques pré-calculées à celles utilisant le moteur physique du jeu sont flagrants. Les textures se chargent sous vos yeux et beaucoup de détails passent à la trappe. Bloqué à 720p côté résolution, le jeu offre néanmoins un 30 FPS constant, même dans les zones remplies d’ennemis. Panic Button a encore fait un bon travail de portage, et quand on sait que Wolfenstein II avait reçu une mise à jour améliorant les textures, on espère que l’équipe apportera le suivi et le soin habituel à son travail de ce côté là.

Au-delà des textures, le jeu offre quand même quelques beaux effets de lumière et surtout une direction artistique foisonnante. Affiches, pochettes de vinyles, disques, fausses publicités, boutiques, un soin assez fou est apporté dans les détails et les assets. Si les rues de Paris se reconnaissent uniquement par leur style haussmanien et non pas par la reproduction d’endroits réels de la capitale; on n’a cependant jamais l’impression de se retrouver face aux mêmes assets comme cela peut vite arriver dans ce genre d’ambiances. La bande-son, oscillant entre musique, messages de propagandes et explosions parvient à immerger le joueur sans lassitude, malgré les détonations constantes.

Porté par un fil rouge (retrouver votre père), le jeu consiste en une succession de missions données par les membres de la Résistance dont le QG, dans les catacombes, sert de HUB central. Chaque mission vous emmènera dans une zone de Paris définie, dans laquelle vous pourrez remplir plusieurs quêtes à la fois, mais certains endroits sont à éviter en deçà d’un certain niveau. Cependant, on s’aperçoit très vite que si les premières heures sont pleines de découvertes et de féeries, une lassitude s’installe assez vite. Les zones sont assez petites, et au bout des cinq premières heures, on les connaît relativement par coeur. D’autant que chaque passage d’une zone à une autre la réinitialise, et nous avons les ennemis aux mêmes endroits, répliques identiques, idem pour les patterns. Un scaling de leur niveau permet de leur rajouter des points de vie mais il arrive un moment où l’on se rend compte que le jeu est fait pour être joué en petites sessions.

Si les missions sont finalement un prétexte pour dézinguer du nazi, et que le scénario ne semble pas être plus travaillé que ça, tout l’univers prend place autour, dans les centaines d’objets à dénicher dans tous les recoins. Offrant un second souffle au jeu, cette chasse au trésor permet de suivre la correspondance de deux soeurs, de comprendre comment le monde du cinéma a évolué, la musique a été influencée par les nazis jusque dans les pop-songs devenant des textes de propagande, ou la façonddont le jeu-vidéo a suivi (avec un clin d’oeil sympa à Wolfenstein 3D).

L’univers gagne en cohérence et en profondeur au travers d’une mécanique de jeu présente depuis le début de la saga : les secrets à dénicher. Comptez ainsi une quinzaine d’heures pour finir le titre en ligne droite, et une vingtaine pour débusquer tous les objets à collecter, découvrir tous les endroits cachés et explorer la totalité d’une map, hélas trop petite, mais fourmillant de trésors.

En conclusion, Wolfenstein Youngblood est un jeu sympathique, un petit spin-off d’attente en espérant le troisième épisode principal. Vite lassant mais néanmoins très agréable à jouer de temps en temps en ligne, le titre offre un shooter bien bourrin et un tour de force assez agréable dans le monde des portages. J’ai pu tester l’édition deluxe qui permet à un ami, même n’ayant pas le jeu, de venir jouer avec vous. Un geste généreux qui ferait presque oublier l’indispensable achat d’une carte mémoire pour contenir les 23 Gigaoctets que pèse le titre, puisque même la version boîte ne contient qu’un code de téléchargement. Allez, prenez vos flingues, et comme dirait un espion Français, ne cédez jamais devant la barbarie.

 

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Test réalisé par PUPITILOP sur une version offerte par l’éditeur
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