Test : Final Fantasy VIII Remastered sur Nintendo Switch

Test : FINAL FANTASY VIII Remastered

Genre : RPG
Langues : Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Italien, Japonais
Développé par Square Enix
Édité par Square Enix
Sortie France : 03/09/2019
Prix : 19,99€ sur l’eShop
Taille : 2882,54 Mo
Joueurs : 1
Age minimum : 16 ans

Site Web Officiel

Final Fantasy VIII est un jeu qui a un peu souffert au cours de l’histoire, dû au fait qu’il a été éclipsé par l’un des jeux les mieux notés de tous les temps, FFVII, et que les choix de design et de gameplay étaient assez risqués à l’époque de sa sortie. Cela faisait un moment que l’on n’avait pas vu ce titre sur des consoles modernes, c’est donc avec joie que nous profitons aujourd’hui de la version remastered sur Switch. L’histoire de FFVIII est relativement ambitieuse, elle se déroule dans un monde qui mêle le présent avec des idées futuristes. On va incarner le jeune Squall, un adolescent ténébreux qui étudie à l’académie militaire de la BGU. Sans trop spoiler, l’histoire débute dans une atmosphère très studieuse où votre héros et ses amis vont devoir passer l’examen final pour devenir des soldats d’élite. Cependant, le scénario va vite se complexifier et mêler de nombreuses intrigues dans un cadre beaucoup plus global que les murs d’une école, de telle sorte qu’il est certainement un des plus profonds de la licence Final Fantasy. Parfois, le jeu va même nous faire prendre le contrôle d’autres personnages à des périodes différentes, reliées bien entendu au présent, et vers la fin de partie, on se demandera comment on a pu en arriver là tant on a pris de chemins sinueux. Là où FFVII a prouvé que Square savait créer une aventure épique, FFVIII nous montre cette fois que le studio maîtrise également à la perfection les relations complexes entre les protagonistes. Les personnages principaux et leurs interactions sont en effet extrêmement travaillés, et on obtient une histoire d’amour centrale qui vient réellement lier l’histoire malgré l’ambiance très austère et pessimiste qui règne.

Bien que dans cet opus les héros ne soient pas les plus iconiques de la série, la construction de leurs relations sociales a le mérite de nous donner envie de poursuivre l’aventure jusqu’à son dénouement, même si l’aventure ne va pas dans le sens dans lequel on avait pu l’imaginer. L’atmosphère de ce Final Fantasy se détache un peu de ses prédécesseurs et de certains qui suivront ensuite, cela est sûrement dû à l’aspect plus terre à terre d’un cadre académique et des personnages très travaillés qui partagent des problématiques réalistes. 

Final Fantasy VIII réutilise de nombreuses mécaniques chères à la série, malgré la volonté de faire évoluer le genre du JRPG avec quelques nouveautés audacieuses. Dans les faits, ce remaster n’a pas touché aux mécaniques originales, même si l’on retrouve la possibilité d’accélérer le temps par 3, de bloquer les batailles aléatoires ou encore de booster les capacités de nos personnages, comme dans les portages de FFVII et IX sur Switch (des cheat codes en réalité, ne nous voilons pas la face). À sa sortie en 1999, le titre a très vite divisé les fans, et pour de plutôt bonnes raisons : de la manière très étrange d’augmenter son niveau et ses stats au système de magie peu intuitif, on peut vite se perdre, et parfois même se tirer une balle dans le pied en causant des dommages irréversibles.

On ne peut que reconnaître la volonté certaine d’apporter quelque chose de nouveau au gameplay, mais comme toute première fois, ce n’est pas l’idéal. Dans cet opus, nos héros vont pouvoir joindre leurs forces à des gardiens capables d’utiliser la G-Force, une forme de magie pour se battre,  vous soigner et bien plus encore. À la fin de chaque combat, ces gardiens vont recevoir de l’expérience en même temps que vos héros, et ils sont ainsi indirectement des membres supplémentaires de votre équipe. Mais leur travail ne s’arrête pas là, c’est également grâce à eux que les protagonistes vont pouvoir utiliser des objets par exemple, car sans assignation de gardien, les héros ne peuvent qu’attaquer, et rien d’autre. Pour faire simple, les gardiens sont un élément indispensable du jeu, puisque sans eux vous ne pourrez rien réussir à part cogner avec une arme faible, et sans aucune possibilité de guérir de vos blessures. Va ensuite vous revenir la tâche de customiser les capacités que vont vous octroyer ces créatures en les mélangeant et en créant votre équipe de choc, les possibilités sont presque infinies.

Il reste enfin une dernière spécificité à ce Final Fantasy, il s’agit du Triple Triade, à savoir le meilleur mini-jeu peut être jamais créé dans un jeu-vidéo. Si vous n’avez jamais joué à FFVIII, rien que pour ça le titre vaut le détour, et c’est très certainement pour cette même raison que les fans vont le racheter sur une console portable. L’idée est très simple, intégrer un jeu de carte à jouer et à collectionner à la Yu-Gi-Oh ou Magic the Gatherings au sein d’un jeu, mais elle était assez révolutionnaire à l’époque, et elle pousse toujours les joueurs à parcourir l’aventure en long en large et en travers pour dénicher chaque carte et gagner tous les duels ! C’est peut être étrange de le dire, mais si vous aimez les jeux de carte, foncez sur FFVIII. 

Certes, Final Fantasy VIII a beaucoup divisé sur de nombreux points, mais il en est un qui a fait l’unanimité, il s’agit bien évidemment de sa bande-son. Nobuo Uematsu, toujours au sommet de son art, a réussi à créer des musiques qui se sont implantées dans la tête d’une génération de joueurs, et qui restent aujourd’hui d’immenses classiques, souvent revisitées dans certains jeux comme dans le 7ème art. Sans trop m’avancer, je peux déclarer que la bande-son de FFVIII est certainement une des meilleures de la licence.

Bien évidemment, on attendait de ce remaster une refonte graphique, et il faut reconnaître que le jeu paraît plus beau qu’à l’époque, les modèles 3D ont été mis à jour et lissés comme pour les portages du VII et du IX, ce qui a créé un bon meme ces derniers mois sur Internet à propos de Squall qui est censé être “le plus beau garçon de la salle” (même si je trouve qu’il aurait plus sa place dans un Kingdom Hearts, on perd un peu de sa superbe dans cette version revisitée), on remarque d’ailleurs que son modèle en jeu n’a presque rien à voir avec les cutscenes qui ont été conservées, et c’est un peu dommage.

On regrettera aussi le fait que la plupart des décors d’origine ont été conservés, et qu’ils semblent encore plus flous qu’en 1999 comparés aux améliorations apportées au premier plan, ils n’ont pas été conçus pour des TV HD, et c’est un acte manqué que de ne pas y avoir touché un minimum dans un jeu qui est censé être un remaster. En fait, on se demanderait presque pourquoi le terme “remastered” a été ajouté au titre du jeu, puisqu’il semble encore baigner dans son jus de l’aube des années 2000, c’est un peu mensonger que d’avoir fait ce choix.

Comptez une quarantaine d’heures pour venir à bout de l’aventure en ligne droite et sans s’attarder sur tout ce que le monde de FFVIII a à offrir, mais en réalité, je doute que les fans y aient passé moins de 100 heures. Il va vous falloir un temps d’adaptation au début pour bien saisir la majorité des mécaniques novatrices au sein de la licence, mais une fois ce travail réalisé vous n’aurez plus qu’à apprécier l’histoire tout en vous attachant très fortement aux personnages.

Et bien sûr, pour ceux atteints de collectionnite aiguë, le jeu de cartes va vous tenir éveillé bien longtemps, car toutes les dénicher n’est pas une mince affaire !

Final Fantasy VIII Remastered est le même jeu qu’à l’origine, avec une refonte graphique assez anodine, ce qui rend le terme “remastered” un peu caduque, on finit par se demander quel était le but de Square Enix dans ce choix commercial. Néanmoins, si on considère le titre comme un portage sur consoles modernes, FFVIII reste un très bon jeu qui a fait son possible pour apporter de la nouveauté à la licence. Tout n’a pas fonctionné, mais il mérite tout de même de s’y attarder, d’autant plus qu’il a été pendant longtemps le vilain petit canard de la série et que beaucoup de joueurs sont passés à côté, alors que c’est le premier titre à avoir véritablement creusé les interactions entre les personnages pour créer un scénario profond et réaliste. L’énorme point fort du soft restera sa bande-son iconique, même si son mini-jeu de cartes à collectionner n’est pas loin derrière. Si vous aimez la licence Final Fantasy et que vous avez manqué celui-ci, alors je ne peux que vous encourager à le prendre sur Nintendo Switch, autant en profiter en version portable !

Test de Final Fantasy VIII Remastered sur Nintendo Switch réalisé par Natingle sur une version offerte par l’éditeur
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